| Observations : |
Edition originale de cet ouvrage monumental embrassant l'histoire de France des origines au règne d'Henri IV inclus. Très belle iconographie gravée sur cuivre, complète des 307 planches dont 114 à double page et une dépliante inspirées de documents anciens, miniatures, tapisseries (On y trouve en particulier la représentation intégrale de la Tapisserie de Bayeux.), monuments funéraires, inscriptions, scènes, batailles, portraits, costumes... et d'un grand intérêt historique, certains de ces témoins ayant depuis disparu. T.I : L'origine des François, & la suite des Rois jusqu'à Philippe (55 planches dont 25 doubles). T.II : La conquête de l'Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, dit le Bâtard, tirée d'un monument du temps. Et la suite des Rois, depuis Louis VI, dit le Gros, jusqu'à Jean II, (64 pl. dont 22 doubles). T.III : la suite des Rois depuis Charles V, jusqu'à Louis XI, (69 pl. dont 26 doubles). T.IV : la suite des Rois depuis Charles VIII jusqu'à François Ier, (60 pl. dont 19 doubles). T.V : la suite des rois depuis Henri II, jusqu'à Henri IV, (58 pl. dont 21 doubles). Un des meilleurs spécialistes de critique textuelle de son temps, fondateur de la paléographie grecque, le Bénédiction Mauriste Bernard de Montfaucon (1655-1741) fut d'abord destiné à la carrière militaire mais, tombé malade lors d'une campagne en Allemagne, il fit le voeu de se faire bénédictin s'il parvenait à rentrer vivant en France. Sauvé, il fit profession en 1676, fit partie de plusieurs monastères successifs, et commença à étudier le grec ancien. Appelé à Paris à Saint-Germain-des-Prés, en 1687, il y fut l'élève de Jean Mabillon, fondateur de la diplomatique médiévale, le plus érudit des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Comme celui-ci, Bernard de Montfaucon se consacra d'abord à l'étude des sources et des écritures anciennes, et reçut ensuite pour mission d'établir des éditions des Pères de l'Église de langue grecque : il édita ainsi, en collaboration puis seul, les oeuvres de saint Anastase. Prenant conscience de la nécessité de connaître le contexte historique et intellectuel païen des oeuvres qu'il étudiait, il fit un long séjour en Italie de 1698 à 1701 (dont il rendit compte en 1702 dans son Diarium italicum), observant les monuments, explorant des bibliothèques, visitant les cabinets d'antiquités et fréquentant des érudits italiens. Cette expérience le conduisit à modifier son approche des études antiques : il élargit son expérience littéraire de la patristique grecque à tous les auteurs grecs antiques, mit au point une nouvelle méthode de recherche historique à partir de documents visuels, conçut le projet de L'Antiquité expliquée et commença à y travailler. Il poursuivit sa tâche jusqu'en 1724, et l'immense succès qu'il rencontra avec cette oeuvre (bientôt traduite en anglais et en allemand) lui ouvrit les portes de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Il reprit alors son étude du grec et publia sa Palæographia græca (1708), oeuvre fondatrice sur le sujet. Il dirigea des équipes de Mauristes pour établir de nouvelles éditions grecques, dont celles des oeuvres de saint Jean Chrysostome (1718-1738) - ses éditions de saint Athanase et de saint Jean Chrysostome furent les seules complètes de ces auteurs jusqu'au XXe siècle. Infatigable, il établit par ailleurs des catalogues de bibliothèques, dont celui de la reine de Suède à la Vaticane, et se lança dans une nouvelle entreprise ambitieuse, Les Monuments de la monarchie française (1729-1733), conçue sur les mêmes principes que L'Antiquité expliquée, mais qui demeura inachevée en raison de son insuccès - trop novatrice pour son époque. Très bon exemplaire en premier tirage. Brunet : Ouvrage très intéressant, les exemplaires en sont peu communs. Saffroy : Cet ouvrage rare n'est que la prem. Partie d'un projet immense que Montfaucon avait conçu pour l'explication des antiquités françaises et dont on trouvera le plan à la BN sous les côtes 4 Lj1.26 et 27. C'est fort heureusement la partie qui nous intéresse le plus car elle contient l'histoire et l'iconographie des trois races par des monuments que le temps avait alors épargnés. C'est une oeuvre d'importance capitale pour l'héraldique capétienne, les sacres, les couronnements, les pompes funèbres de nos rois jusqu'à Henri IV inclus. |