Fiche ouvrage
 
Code : 21218
Titre : Le Masque de fer ou les Avantures admirables du père et du fils.
Auteur : [MOUHY (Charles de Fieux, chevalier de)].
Edition : La Haye, Pierre de Hondt, 1750.
Année : 1750
Format : Six parties en un volume in-12 de 84, 72, 82, 60, 67 et 66 pp.. Ex-libris circulaire noir et or, initiale R et devise Bona fide sine fraude, («De bonne foi sans ruse»). Etiquette avec mention Paris F22 au contre plat. Autre ex-libris contre-collé à un feuillet blanc. Bandeaux et lettrines. Déchirure à un feuillet sans perte, pâle mouillure en marge sinon plutôt frais.
Reliure : Demi-chagrin brun, dos à nerfs, titre et date en pied dorés, tranches rouges. Fente de 3 cm à un mors, petit manque à la coiffe sup., coins usés. Reliure de l'époque.
Prix : 250 €uros
Observations : Comme l'explique l'auteur, dans son avertissement, de nombreuses histoires ou légendes similaires à celle du prisonnier masqué de la Bastille animèrent les cours royales de nombreux pays en tout temps. L'histoire du MASQUE DE FER contient des faits si extraordinaires, que ce n’est pas sans raison qu’on désirerait de connaître les personnages qui y font dépeints : il y a lieu de croire qu’on n’est privé de cette connaissance, que parce que nous vivons dans un Siècle dont la politesse ne permet pas de faire assez d'honneur au despotisme & à la tyrannie, pour nommer ceux qui en ont fait usage : on ne manque cependant pas de lumières sur des sujets semblables à ceux de cette Histoire. Les Turcs racontent qu'un de leurs Empereurs fit enfermer son Frère aîné dans les Sept-Tours pour s’emparer de son trône, & que craignant que la douceur & la majesté répandues fur la physionomie de ce Prince ne séduisissent ses Gardes & n’en prissent compassion, il lui couvrit le visage d'un de Fer fabriqué & trempé de telle forte, qu'il n’était pas possible au plus. habile ouvrier de parvenir à le rompre ni à l’ouvrir. La tradition nous apprend que du temps de Cromwell, un Prince d'Écosse fut envoyé dans les îles de l'Archipel, & qu'afin qu’il ne fût jamais reconnu, on se servit du moyen dont on vient de parler. Du temps de Dom Pedre le Cruel, Roi d'Espagne, un Père en usa de même contre un de ces Fils qui l'avait déshonoré par une action honteuse. À Stockholm on fait mention qu’un Prince nommé Jean Thenll, jaloux de sa femme, s'y prit de cette manière pour exécuter son dessein : le lendemain de ses noces, il mit dans la boisson de son épouse une poudre qui provoquait à dormir, & pendant son sommeil il lui enferma le visage dans un masque de Fer fait à peu près comme un casque : à son réveil, il fit accroire à cette Princesse infortunée que le malheur qui lui était arrivé, était une punition du Ciel, pour avoir inspiré de l’amour à d’autres qu’à lui, & pour s’être trop glorifiée de sa beauté. Nous nous en tiendrons à ces exemples, pour informer le public par quelle occasion ce manuscrit nous est parvenu : elle est assez singulière....(avertissement) L'auteur y raconte également comment le manuscrit de son ouvrage aurait été trouvé, encore cette fois la question se pose histoire vraie ou légende... La première mention écrite du prisonnier au masque de fer, se trouve dans un livre anonyme imprimé à Amsterdam en 1745 : Mémoires secrets pour servir à l'histoire de Perse. Dans cet ouvrage, ledit prisonnier, transféré de l'île Sainte Marguerite à la Bastille, est le comte de Vermandois, fils illégitime de Louis XIV et de Mademoiselle de La Vallière, incarcéré pour avoir donné un soufflet au dauphin.
Mais ce fut Charles de Fieux, chevalier de Mouhy (1701-1784), journaliste et proche de Voltaire à qui il sert aussi de prête-nom, ancien prisonnier de la bastille, qui défraya la chronique deux ans plus tard : dans son Masque de fer qui paraît à La Haye, et sous couvert de turquerie, il relance l'accusation (initiée par dépit par le fils de Louvois, disgrâcié), qui fit long feu, de l'identité royale du prisonnier. Il s'agit du frère aîné du roi, fruit des amours adultérins d'Anne d'Autriche et du duc de Buckingham. Voltaire lui-même donne ses lettres de noblesse à cette thèse dans son ouvrage sur le règne de Louis XIV. Ainsi fut lancée cette extraordinaire légende.
Sources :
Catégories : LITTERATURE ANCIENNE;
   


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